19-06-08
Drapeau
Interprétation :
1 bande horizontale rouge :corps
1 bande horizontale blanche : âme
Carte
Quelques données
Republik Indonesia
Capitale : Jakarta
Superficie : 1 919 440 km2
Pays limitrophes :
Malaise
Papouasie Nouvelle Guinée
Timor oriental
Climat : tropical, chaud et humide
Meilleure saison pour voyager : entre mai et octobre (saison sèche)
Population : 234 693 997
Groupes ethniques : plus de 300 groupes ethniques dont les plus importants sont les suivants : Javanais, Soundanais, Madourais, Minangkabau, Betawi, Bugis, Banten, Banjar ...
Langues : indonésien (bahasa), anglais, hollandais et plusieurs centaines de langues régionales
Religions : Musulmans 86.1%, Protestants 5.7%, Catholiques 3%, Hindouistes 1.8%, autres ou non-spécifiés 3.4%
Monnaie : la roupie indonésienne ou rupiah (IDR), 1 EUR = 14 375 IDR
Type de gouvernement : République
Devise nationale : "Unité dans la diversité" (Bhinneka Tunggal Ika)
Fête nationale : 17 août (indépendance)
24-06-08
La croisière s’amuse
Certains endroits se méritent, comme le Tona Toraja, sur l’île de Sulawesi. Depuis Nunukan où nous sommes, il « suffit » de prendre un bateau pour Pare-Pare sur Sulawesi, pour 33 heures de traversée. Comme d’habitude, on prend un ticket « ekonomi », et on se retrouve dans la cale du bateau, au milieu des marchandises, sur des matelas trop petits, trop étroits, trop fins. Mais l’ambiace est plutôt sympa, même si on ressemble tous à des boat people.
On rencontre une
autre étrangère que les gens installent automatiquement à côté de nous, Sonia,
une suissesse qui écume l’Asie depuis 9 ans. Ca faisait plusieurs jours qu’on
était les seuls étrangers dans les endroits où l’on allait, ça fait bizarre.
Contrairement à ce qu’on avait imaginé, la traversée ne sera pas interminable et monotone. Un membre de l’équipage, Suamir, qui parle plutôt bien anglais, nous prend sous son aile et nous donne des coupons pour manger gratuitement, nous propose de nous surclasser (mais on est pas trop mal là où on est), nous fait visiter sa cabine, le pont où il travaille et nous montre tout ce qu’il y a comme le sonar, le GPS, il me fait même appeler un autre bateau, Céline s’assoit sur le fauteil du capitaine (rien que ça), ensuite il nous montre les quartiers des officiers, et on a même le droit d’y prendre une douche, bien plus propre que les autres du bateau, bien sûr, on visite la salle des machines, ... nous avons tous les privilèges.
La traversée
passe bien plus vite que prévu. Et puis il y a aussi tous ces gens qui viennent
discuter avec nous, parce qu’apparemment, il n’y a pas souvent d’occidentaux
qui prennent ce bateau. « Vous venez d’où ? France ? Ah,
Zidane !!! Cette année, Euro 2008, la France, zéro » Voila en gros
par quoi commençaient toutes les conversations.
Une fois
debarqués à Pare-Pare, une petite marche jusqu’au bureau Penli (compagnie
nationale de transport maritime) pour vérifier les dates de notre prochain trip
en bateau, pour être sur de ne pas rater celui qui ne passe qu’une fois toutes
les 2 semaines, et 5 heures de bus pour arriver à Rantepao, enfin, dans le Tona
Toraja, ça fait plus de 40 heures qu’on a quitté Nunukan. Mais de ce qu’on a vu
depuis le bus, ça vaut le coup. On va s’éclater ici.
Tana Toraja
On restera au total 7 jours à Rantepao, à visiter la région. Et en 7 jours, il y a de quoi faire. Et ça commence assez rapidement. Après à peine quelques heures à Rantepao, un guide qui se trouve à côté de la table où l’on dîne se propose de nous amener le lendemain matin à une cérémonie funéraire, évenèment pour lequel de nombreux touristes viennent ici. La saison des cérémonies funéraires est à peine commencée, donc nous sommes chanceux de pouvoir en voir une aussi tôt.
Les cérémonies se déroulent sur une période très courte, juillet et août seulement. Quand une personne de la famille décède, on garde le corps jusqu’à l’été et on attend de pouvoir réunir toute la famille –ce qui peut être difficile, certaines familles ont plusieurs centaines de membres- pour pouvoir procéder à la cérémonie. Plus la famille est riche, plus la cérémonie est longue. Elles peuvent durer de 3 jours à une semaine.
Plusieurs étapes
sont à respecter, comme par exemple la réception des invités, une journée
entière où l on reçoit les membres du village et des villages environnants,
venus rendre hommage au mort et à sa famille. On leur offre thé et café, ainsi
que des cigarettes, et même le déjeuner. Ils viennent tous avec des cadeaux,
des cigarettes (redistribuées aux convives), des cochons, des buffles, ... les
animaux seront tous sacrifiés et depecés, et la viande sera redistribuée parmi
les invités, en fonction de leur rang social. Les gens sont classés en 3
castes : les nobles, les gens « normaux » (pour reprendre le
terme d’Anton, notre guide), et les esclaves. Le tout est assez sanglants, les
animaux étant sacrifiés devant tout le monde, et aussi très bruyant, surtout
les cochons. Tenues et chants traditionnels sont bien sûr au rendez-vous.
Autre étape de la
cérémonie à laquelle nous avons participé, les combats de buffles. Une rizière
fait office d’arène, et on apporte les combattants au fur et à mesure, pour
qu’ils combattent un contre un. Ce jours là, 75 buffles devront combattre au
moins une fois chacun. Comme on aurait pu s’en douter (nous sommes en Asie),
les combats sont une excellente occasion pour parier de l’argent. Donc, une
foule compacte s’amasse autours des
gladiateurs bovins, qui, écrasés par la chaleur et probablement distraits par
autant d’agitation ne sont guère combattifs. Cependant, les affrontements ont
lieu, bien que pas toujours violents, et le perdant est celui qui prend la
fuite. Et un buffle de 5~600 kg qui cavale sans regarder où il va, mieux vaut
le laisser faire, et surtout ne pas se trouver sur son chemin. Les parieurs et
les photographes, dont je faisais partie, qui s’aventure un peu trop près ont
intérêt à être réactifs et à s’écarter rapidement. Un peu comme les férias.
Nous avons
assisté aux combats après avoir vu le sacrifice des bêtes, mais dans une autre
famille. Normalement, les buffles combattent, et ensuite, le jour où la famille
reçoit les invités, ils seront tous sacrifiés, vainqueurs ou vaincus.
Autre attrait de la région, les paysages. Rantepao est encaissé entre les montagnes, et cernée par les rizières en terrasse. Un coin parfait pour le trek. Et il y en a pour tous les goûts. Nous avons commencé petit, par des marches de quelques heures, avec retour à la case hôtel en fin de journée. Et rien que là, il y a de quoi voir. On s’écarte facilement de la route pour se perdre dans les rizières et les chemins caillouteux, où l’on ne croise quasiment personne et où les bruits de moteurs sont étouffés bien avant de parvenir jusqu’à nous. Et puis comme on en veut toujours plus, on s’est fait un trek de 2 jours, avec une nuit dans la montagne. Si vous allez à Rantepao, on vous le conseille vivement : Rantepao – Bolu – Bori – Deri – Lempo – Batutumonga (pour y passer la nuit) – Pana – Ponsake – Kayourame – Tikala – retour à Rantepao.
8 heures de marche le premier jour, où on se régale. Les paysages sont fantastiques, les rizières sont plus belles les une que les autres, rivalisant de différentes tonalités de verts, la montagne est imposante mais tout de même accessible, tout est parfait. De plus, nous sommes quasiment les seuls sur la route, nous ne croisons que les habitants des villages que nous traversons et à qui nous demandons notre route. Cependant, le soleil est omniprésent et accablant. Malgré toutes ces merveilles, nous n’avons pas le courage de nous arrêter trop souvent pour prendre des photos, ce que nous regretterons par la suite. Mais au moins, ces images resteront dans notre mémoire, c’est le principal.
La nuit à Batutumonga est un peu fraiche, ce qui est loin d’être déplaisant après une journée pareille. Nous dormons dans une maison traditionnelle de Toraja, avec ce toit si particulier.
Au réveil, grosse surprise, nous sommes au-dessus des nuages. Une mer blanche et cotonneuse recouvre la vallée, seules quelques sommets percent de l’autre côté de Rantepao. Rien que pour ça, ça valait la peine de se faire des ampoules.
La route du
retour n’est en rien comparable à celle de l’aller. 4 heures de marche sur la
route, et pour redescendre en 4 heures ce qu’on a monté en 8 heures, la pente
est sévère, et brutale pour les genoux. Les gens sur la route à qui nous demandions
notre chemin se contredisent tous, ce qui nous fait faire des allers-retours
inutiles, et ça n’aide pas à apprécier la ballade.
Pour pouvoir
visiter autre chose, s’éloigner un peu, nous avons aussi fait une journée de
moto. C’est d’ailleurs la première fois que je conduisais une moto, j aurais
donc appris en Indonésie, classe non ? Lemo et ses tombes creusées dans la
falaise, Makale et son lac artificiel, les environs de Rantepao, ...
Cette semaine passée ici aura aussi été l’occasion de nous faire la main sur la Water Box, la Nomad Water School est enfin lancée. Lors d’une discussion avec Anton, nous lui expliquons le principe de la Nomad Water School, et il se propose de nous présenter un ami à lui, professeur d’anglais dans une école de Rantepao. Rendez-vous est pris le lendemain pour rencontrer Marmten, qui est tout à fait partant pour que nous présentions la Water Box à ses élèves. Par contre, il ne se montre pas très coopératif quand nous lui demandons s’il peut nous aider à trouver de quoi faire quelques expériences, comme de l’huile, du vinaigre, de l’eau chaude, des glaçons. Nous devons donc nous débrouiller par nous-même, et même annuler certaines expériences.
Le lendemain matin, 8h, comme de bons élèves, nous sommes à l’école, prêts pour le coup d’envoi. Les élèves sont une trentaine, peu disciplinés, et Marmten ne fait pas grand chose pour les tenir ou les intéresser. Il ne traduit pas la moitié de ce que nous disons, même quand on le lui demande, les élèves rentrent et sortent de la classe pour aller discuter, passent des coups de fil, jouent avec leur téléphone. Vers la fin, nus nous retrouvons avec 3 élèves devant nous.
Lorsque le moment
est venu d’expliquer pourquoi il faut préserver l’eau, Marmten me fait
clairement comprendre que ce problème ne les concerne pas, ils ont plus d’eau à
disposition qu’ils n’en consommeront jamais. Tout ce que je lui dit pour
essayer de lui montrer que son raisonnement est bancal ne l’atteigne pas, le
font même sourir. C’est un peu la queue entre les jambes, vaguement démoralisés
qu’on quitte cette école.
Pour faire cette
présentation, nous avons eu besoin de photocopier les fascicules pour élèves et
professeur. Toujours dans un soucis de tirer le budget vers le bas, nous avons
cherché un moyen d’obtenir ses copies gratuitement. Après une tentative ratée
dans le plus grand hôtel de la ville, nous allons demander conseil à l’office du
tourisme, où nous rencontrons Ade, qui est aussi professeur dans une école
privée d’anglais. Le projet lui plaît beaucoup, et il se propose de nous offrir
les photocopies, sur ses deniers personnels. De fil en aiguille, il nous
propose de passer à son école pour une présentation de 2 heures devant ses
étudiants, si le directeur de l’école est d’accord. Après l’échec cuisant de la
première école, nous allons essayer de nous rattraper.
Le lendemain de notre première tentative, nus voilà à WEST ENGLISH COURSE, accueillis par le directeur, présentés en anglais et en Indonésien devant les étudiants, une trentaine. Pour Ade, cette présentation à un double but. Elle leur permettra bien sûr d’être sensibilisés sur un problème écologique qui lui tient à cœur, mais ausi de pratiquer leur compréhension orale, la présentation étant faite en anglais.
Ade est très présent, motivant les étudiants à participer aux expériences, à poser des questions, traduit absolument tout ce que nous disons, et cela se ressent au niveau des élèves qui participent vraiment ; il y a une vraie interaction.
Au terme de ces 2
heures, le directeur vient nous remercier chaleureusement, « May God bless
you », et encourage les étudiants à faire un peu plus attention à leur
façon d’utiliser l’eau.
Voilà qui
rattrape la frustration de la veille. La motivation est à on beau fixe de notre
côté.
Je crois qu’on a
à peu près fait le tour. Une semaine déjà, il est temps de se remettre en route,
en prenant quand même le temps de dire au revoir au gérant de la guest house,
idéalement située à l’écart de la ville, calme, et vraiment peu chère, la Wisma
Tengko Situru’.
02-07-08
Sengkang
Notre prochaine
destination se situe au sud de Sulawesi, Bori et ses plages. Le trajet est très
long, surtout au vue de l’état des routes, donc nous faisons une pose à
Sengkang, environ à mi-chemin. On commence par 2 heures de bemo pour faire 60 km ... c’est loin d’être un express. Ensuite,
4~5 heures de minivan, assis sur une demi fesse, entassés à 13 dans un van de 8
personnes, jusqu’a Sengkang.
La ville n’offre rien d’extraordinaire, une ville comme les autre, si ce n’est l’énorme lac au bord duquel elle se situe, et qui en constitue la principale attraction.
Comme d’habitude,
la première étape est de se trouver un toit pour la nuit. L’hôtel le moins cher
de la ville, Al Salam II, crasseux, sale, malodorant et cher, la concurrence
étant très faible dans cette ville. Comme on aurait pu s’y attendre, un cafard
nous a accueilli dans notre chambre. Lorsque j’explique à un membre du
personnel de l’hôtel que nosu avons un cafard dans notre salle de bain et que
je voudrais savoir s’il a un insecticide, il me sort un « Oh my God »
faussement outré, et me dit que des bombes insecticides sont disséminées un peu
partout dans l’hôtel ... notre visiteur de salle de bain ne doit pas être le
premier dans la bâtisse.
Pour se changer les idées, on se marche dans les rues de la ville, et on ne tarde pas à se faire accoster par un guide qui nous propose un ballade en bateau sur le lac, avec la visite d’un village de pêcheurs et leurs maisons flottantes. Pourquoi pas, c’est combien ? 150.000 roupies, soit plus de 2 fois le prix indiqué dans notre guide, qui date de l’année dernière. Il nous sort la même excuse que tout le monde, l’augmentation du prix du pétrole (qui a aussi bon do que le passage à l’euro chez nous pour gonfler outrageusement les prix). Céline, en bonne business woman, fait tomber le prix à 60.000 ; elle m’étonnera toujours.
Le lac est en
effet énorme. Il nous faut une bonne grosse demi heure pour atteindre l’autre
rive et s’arrêter au village de pêcheurs, dans une maison flottante sur un amas
de bambous, avec le thé et des bananes frites qui nous attendent. La vue est
superbe et le soleil couchant ne gâche rien. Sur le chemin du retour, on
croisent des genas qui vont à la mosqué en bateau, qui se lavent sur leur
bateau, qui font leur courses en bateau, et nous, qui prenons des photos depuis
le bateau.
Le guide qui nous
a organisé le trip en bateau nous propose de prendre « son » bus le
lendemain pour aller à Bulukumba, distant d’une quarantaine de kilomètres de
Bira. On se rendra compte le lendemain qu’il nous a carroté de 10.000 roupies
par personne sur le prix du ticket. On pouvait s’y attendre, et c’est de bonne
guerre.
Digressions sur L'indonésie
Notre premier
jour en Indonésie, à Nunukan, une chose qui nous a bien amusé, et qui nous
amusera toujours autant à chaque fois que ça se reproduira. La monnaie locale,
le roupie, et assez faible, environ 14,000 roupies pour un Euro. Tout, ou
presque, s’achète et se vend avec des billets, si bien que les pièces sont
rares. Certains magasins s’obstinent quand même à garder des prix avec des
centaines de roupies, sachant bien qu’ils seront à cours de pièces la plupart
du temps. Pour palier ce problème, ils rendent donc la monnaie ... en bonbons.
Dans les tirroirs caisse, un emplacement est reservé aux bonbons, emballés
individuellement, un bonbon équivalant à 100 roupies. Plutôt désemparant la
première fois qu’on se retrouve avec 2 billets de 1,000 et 3 bonbons au café
dans la main avec le ticket de caisse.
L’Indonésie est le pays où la quantité (et non la proportion) de musulmans est la plus importante. Cependant, bien qu’ils fassent tous la prière 5 fois par jour et suivent la plupart des règles de leur religion, nombreux sont ceux qui mangent du porc, ou boivent de l’alcool, l’arak, le vin de palme local, sans qu’ils aient l’impression d’être de mauvais musulmans. Comme je me suis entendu dire, dans nos pays catholiques, combien respectent à 100% les préceptes chrétiens ?
04-07-08
Bira
Nous voici donc à
Bira, qui compte 2 fois plus de chères que d’habitants. On dort au Salassa,
tenu par Eriq et Shanty, qui parlent un anglais impeccable, le meilleur que
nous avons entendu en Indonésie.
A Bira, il n’y a
pas grand chose à faire, si ce n’est profiter de la plage. Mais nous sommes
dans un coin de Sulawesi majoritairement musulman, donc, impossible pour Céline
de se baigner en maillot de bain, T-shirt à manche longue et short de bain,
c’est le tarif. Pas très contente la Céline, mais il faut respecter les moeurs
des pays que nous visitons. Nous arrivons tout de même à feinter un peu en
marchant le long de la plage pour nous trouver des criques désèrtes où Céline
peut se mettre en bikini. Elle est quand même pressée d’être à Bali pour povoir
marcher avec les épaules découvertes et en jupe.
Mais Bira est agréable et calme.
Calme, oui, en
semaine, mais le weekend, les habitants de Makassar viennent y passer le
weekend, remplissent la plage, les restaurants, les hôtels et les karaokés. La
ville (qui se limite à une rue qui mène à la plage) retenti des klaxons de bus
et des voix criardes des chanteurs de karaoké du weekend. Nous sommes bien
contents quand ils partent, dimanche ; un peu moins contents de voir
l’état lamentable dans lequel ils laissent la plage, immonde.
C’est aussi le
jour où nous devons prendre notre bateau pour Labuan Bajo, sur l’île de Flores.
On dit au revoir à nos hôtes, dont on regrettera l’acccueil, la gentillesse et
la cuisine.
Pour ceux que ça
intéresse :
ERIQ et SHANTY
Salassa Guest House et Gecko Caffe
salassaguesthouse@yahoo.com
08-07-08
Labuan Bajo
Et c’est reparti
pour le bateau. 27 heures après avoir quitté Bira, on accoste à Labuan Bajo,
après une traversée d’un ennui mortel, sur un petit bateau où il n’y a
strictement rien à faire, sauf dormir.
L’ancre est jetée
dans le port vers 3h du matin, impossible de trouver une guest house à cette
heure-ci. Donc, on se résigne à continuer notre nuit dans le bateau à quai. On
est bien content de mettre le pied sur la terre ferme, réveillés ppar la
chaleur vers 6h du matin.
Nous avons choisi
Labuan Bajo non pour la ville elle-même mais parce que c’est de la que partent
de petits bateaux qui font route vers l’île de Lombok en passant par le parc de
Komodo (et ses dragons), et quitte à voyager par la mer une fois de plus,
autant changer du cargo marchandise. En Indonésie, pour voyager, c’est soit le
bateau, soit les compagnies aériennes douteuses.
Labuan Bajo est
une ville plutôt agréable, bien que n’offrant rien de vraiment particuiers, mis
à part un port d’arriver pour se lancer à l’assaut de Flores, ou alors un port
de départ pour une croisière version petit budget.
Nous avons 2 jours à tuer avant le départ, donc on erre dans la ville et on se perd dans les environs. Le couché de soleil est magnifique sur le port et les montagnes en arrière plan, surtout de l’endroit que nous avons dégoté, à l’extrémité Est de la baie. Là, nous sommes vite entourés par une horde de gamins qui se demandent bien ce qu’on peut faire assis ici, et se battent presque pour être sur les photos. Une fois le soleil disparu, nous sommes escortés par toute cette troupe criarde et joyeuse vers la route de notre hôtel. On a un peu l’impression d’être le joueur de flute du fameux compte, au détail près que notre flute est un appareil photo.
Une promenade
improvisée au dernier moment nous ammène au sommet d’une colline en forme de
téton gigantesque d’où nous avons une vue imprenable sur la baie. Nous étions à
la recherche d’une plage, on a trouvé ça. Sachant qu’on va passer les 4
prochains jours sur un bateau, prendre de la hauteur n’est pas une si mauvaise
idée.
10-07-08
La croisière s'amuse (suite)
Le Hasma Jaya 2 sera notre chez nous itinérant pour les 4 prochains jours, que nous partagerons avec 5 membres d’équipage et un couple de londoniens. Rafiot en bois d’une quinzaine de mètres, le Hasma Jaya 2 est équipé d’un moteur 2 temps qui nous emplira les oreilles en quasi permanence de ses pouf pouf.
Premier jour
Premier jour,
première étape, ça commence très fort. Nous accostons sur l’île de Rinca, dans
le parc de Komodo pour voir les fameux dragons. Rinca et Komodo sont les 2 seuls
îles où l’on peut voir ces varans, à l’exception d’une cinquantaine d’individus
sur l’île de Flores. Depuis le temps que je rêve de voir ces bestioles, je suis
comme un fou, et Céline aussi, malgré une retenue du fait de se trouver en
présence de gros lézards.
Notre ranger nous
est présenté, et nous n’avons même pas quitté le camp qu’un varan (ora en
indonésien) passe tout près de nous. Tout le monde dégaine et mitraille avec
les appareils photos, impressionnés que nous sommes devant l’ora.
Impressionnés, nous le sommes encore plus quand on voit derrière l’ora que nous
prenons en photo un autre ora, mâle adulte, molosse d’environ 2,5 mètres de
long, qui mérite bien le surnom de dragon.
Le trek commence
alors derrière un guide qui cavale, et nous suivons, tête baissée pour regarder
où nous mettons les pieds, trébuchant quand on lève la tête pour profiter du
paysage. Varans, buffles , macaques et panoramas fabuleux jalonnent notre trek.
Mis à part le camp minuscule où nous avons commencé notre marche, l’île est
entièrement sauvage et préservée.
Retour sur le
bateau, et les pouf pouf recommencent pour nous amener au large d’une plage
magnifique, vide, et où les coraux sont magnifiques. Masque, tuba, et c’est
parti pour l’après midi à ne rien faire. L’oisiveté devient un passe-temps qui
prend beaucoup de temps dans de tels endroits.
Le bateau reprend
sa route pour s’arrêter dans une crique où nous passerons la nuit, température
douce et ciel étoilé. Ca me rappelle les étoiles phosphorescentes que j’avais
au plafond de mon appartement à Paris, et ça me rappelle aussi combien in a de
la chance d’être ici, plutôt que là-bas.
Après le dîner,
Sam, notre guide, sort une bouteille d’Arak, alcool de palme local, et paye sa
tournée. Odeur de saké, farineux, fort ... ça passe très bien. En sirotant, il
nous expliqu que nous ferions mieux de changer le plan initial qui devait nous
amener sur l’île de Komodo car ça nous ferait traverser un endroit où la mer
est grosse en ce moment au pire moment de la journée. Donc, il faudrait
tailler la route pour y passer au moment le lus calme. Un détail d’importance,
hier, un bateau a coulé à cet endroit précis, le même bateau que le notre. Sans
même se concerter, tout le monde est d‘accord pour jouer la carte de la
sécurité.
Deuxième jour
Après une
baignade et une sieste pour occuper la matinée, suivi d’une bonne heure de
glande et d’une scéance de karaté sur la plage, la journée commence plutôt
bien. Ca change dès qu’on remonte sur le bateau pour s’attaquer au passage
délicat. La mer est muvaise, très mauvaise. Pendant longtemps, trop longtemps.
On s’accroche à ce qu’on peut, et on se fait balader par les vagues. On met les
sacs au sec dans la cale, et on monte se percher sur le toit de la cabine, où on essaye de dormir tant bien que mal. Pas facile. Plusieurs fois, on sent le
bateau giter un peu trop, et on continue à ce rythme pour jeter l’ancre à 5
heures du matin, secoués, fatigués mais contents d’être là.
Troisième jour
Le réveil est
difficile après une telle nuit, mais nous avons une compensation. Sur la plage
au large de laquelle nous avons dormi, une rivière vient se jeter dans la mer,
ce qu veut dire de l’eau douce. On va enfin pouvoir se désaler. Avec les heures
qu’on a passé dans l’eau ces derniers jours, on voit les grains de sel sur
notre peu, et nos cheveaux ressemblent à du crin. Se baigner et se laver dans
l’eau glacée de la rivière nus ferait presque oublier la journée et la nuit de
merde qu’on vient de passer.
Mais on s’en
rappelle bien assez tôt quand on reprend la mer, pour un autre long trajet avec
une mer toujours trop agitée à notre goût. A part faire la sieste et bouquiner,
on ne fait pas grand chose. On commence à se faire un peu chier sur ce petit
bateau qui tangue.
On se pose enfin, et la plage sur laquelle on se retrouve méritait bien quelques heures a se faire chahuter par les vagues. Une de ces plages comme on croyait n’en voir qu’à la télé, avec un sable qui ébloui et une eau turquoise. On n’a vraiment pas une vie facile ... Baignade donc, bien sûr, session karaté sur la plage, retour sur le bateau et bière pour l’apéro, avec le soleil qui se couche en toile de fond. Et là, c’est l’heure. Une nuée de chauve souris, les mêmes que nous avions vues dans la jungle de Bornéo, sort de la forêt et s’envolent toutes dans la même direction. Cependant, cette fois-ci elles sont bien plus nombreuses. D’abord une dizaine, puis quelques centaines pour finir par plusieurs milliers de ces chauve souris géantes qui passent au-dessus de nos têtes. Toutes dans la même direction, comme guidée par un courant puissant et invisible.
Ce soir, le ciel
est étrange. Il y a quelques nuages, mais un cercle parfait entour la lune, au
centre duquel se trouve la lune, et aucun nuage ne semble oser s’y aventurer.
D’après Sam, les Indonésiens disent qu’un ciel comme celui-ci indique que les
tortues sont en train de pondre leur œufs. Décidément, après les chauves
souris, ça fait beaucoup de bizarreries en une seule soirée.
Avant de dormir,
Sam nous confie la recette d’un plat local que nous adorons, le Soto Ayam.
Le calme de cette
soirée est vite rompu quand vers 3 heures du matin, le bateau reprend son
ronron et la mer reprend son cahot à jouer avec notre coquille de noix.
Vivement Lombok
Quatrième et
dernier jour
Lombok, que nous
atteignons à 6 heures du matin, bien plus tôt que prévu, au port de Labuan
Lombok. Au revoir à tout l’équipage, et nous on saute dans un bus pour
continuer notre route.
Notre visa commence à nous tracasser, et avec Bali qui arrive, on préfère zapper Lombok. Ce sera pour la prochaine fois, car il y aura une prochaine fois en Indonésie, c’est sûr. 2 heures pour traverser l’île d’est en ouest pour le port de Lembat, départ des ferries pour Bali ... un bateau de plus.4 heures de traversée et heures à attendre avant d’accoster, et nous voici sur l’île la plus populaire du pays, Bali, dans la ville de Padangbai.

























